Trois têtes de listes régionales et 20% des places éligibles. Voilà ce que réclame le ministre de la Défense, Hervé Morin, au nom du Nouveau Centre pour les élections régionales de mars 2010.
Or, les négociations avec l'UMP sont longues et difficiles. Pour l'heure, les centristes ralliés en 2007 à Nicolas Sarkozy n'ont obtenu que deux places de chefs de file unitaires: François
Sauvadet en Bourgogne et la secrétaire d'Etat Valérie Létard en Nord-Pas-de-Calais.
Une troisième tête de liste à la Guadeloupe serait en discussion mais bute pour l'heure sur la décision de la ministre de l'Outre-Mer, Marie-Luce Penchard, de s'engager ou pas dans cette
campagne des régionales.
En Île-de-France, la pression de Nicolas Sarkozy pour décourager André Santini de mener une liste autonome a fini par porter ses fruits: vendredi 20 novembre, le député maire
d'Issy-les-Moulineaux a annoncé son ralliement à Valérie Pécresse, en échange de deux têtes de liste départementales.
Sondages encourageants
Les concessions actuelles de l'UMP sont loin de satisfaire Hervé Morin, qui veut profiter de ces élections pour poursuivre l'implantation du Nouveau Centre en obtenant des élus locaux. Pour
appuyer ses exigences, le président du Nouveau Centre a fait réaliser il y a dix jours des sondages dans cinq régions en testant l'hypothèse d'une liste autonome de son parti. Bonne
surprise : selon lui, les centristes ont à chaque fois obtenu plus de 10% d'intentions de vote.
En Île-de-France, Santini atteint ainsi 11%, alors qu'il avait réalisé 16,4% des voix aux régionales en 2004 sous les couleurs de l'UDF. En Champagne-Ardennes, une liste emmenée par le député
Charles de Courson serait créditée de 11% tandis que celle de Sauvadet en Bourgogne monterait à 14%.
Morin, élu dans l'Eure, a même fait tester sa propre candidature en Haute-Normandie, à côté de celle du ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire. Résultat: le centriste obtiendrait 10% des
intentions de vote contre 21% pour Le Maire. Ce dernier, qui conduira la liste d'union de la majorité, rêve d'enrôler son collègue de la Défense pour déboulonner ensemble le socialiste
Alain Le Vern. Mais le président du Nouveau Centre réserve toujours sa réponse. A-t-il reçu des appels présidentiels. "Pas du tout, on ne m'a rien demandé. Si je m'engage dans cette campagne,
ce sera par amitié pour Bruno Le Maire", jure-t-il.
Pour Hervé Morin, les sondages commandés dans les cinq régions tests auront livré deux autres surprises. Une bonne: le MoDem n'enregistrerait que 4% à 5% d'intentions de vote. Et une mauvaise:
le Front national passerait à chaque fois la barre des 10%.
Derniers Commentaires