
Le Premier ministre François Fillon à l'Assemblée le 3 février 2010
© AFP Francois Guillot
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La droite martèle que sa stratégie du rassemblement dès le 1er tour des régionales, mal acceptée par les militants, pourrait être payante et table sur de difficiles négociations à
gauche, notamment entre PS et Ecologistes, au soir du 14 mars.
Le Premier ministre François Fillon a reconnu que la partie serait difficile pour son camp: "c'est vrai que nous n'avons pas grand chose à perdre dans ces élections régionales puisque
la gauche contrôle 20 régions sur 22" en métropole.
Selon un sondage TNS-Sofres Logica, la majorité présidentielle est créditée jeudi d'un score de 30% au 1er tour, mais avec de faibles réserves de voix, face au PS (28%) et Europe
Ecologie (13%).
Les instances dirigeantes de l'UMP défendent donc la stratégie du "rassemblement dès le 1er tour pour créer une dynamique gagnante" au second.
Cette "union" de la majorité, répète le secrétaire général Xavier Bertrand, s'était avérée payante aux élections européennes (scrutin à un tour, ndlr).
L'UMP a donc voulu la conforter bien en amont du premier tour des régionales en réactivant, au lendemain des européennes, un "comité" chargé d'organiser les alliances avec les
partenaires (Nouveau Centre, Progressistes, Radicaux, Chrétiens Démocrates, souverainistes (MPF), et Chasseurs (CPNT)).
Mais à quelques semaines d'un scrutin perçu par beaucoup comme un tour de chauffe deux ans avant la présidentielle, la stratégie du rassemblement voulue par Nicolas Sarkozy est loin de
faire l'unanimité à l'UMP.
Son conseil national a ainsi approuvé à une petite majorité (60%) les listes régionales où il a fallu faire place aux alliés, notamment centristes.
Le mieux servi des partenaires, le Nouveau Centre d'Hervé Morin, devrait ainsi obtenir 80 élus, selon l'UMP. Au grand dam "des militants, canal historique RPR".

Le sénateur-maire de Marseille Jean-Claude Gaudin écoute la présentation de la liste UMP des Bouches-du-Rhône aux élections
régionales, le 1er février 2010
© AFP/Archives Gerard Julien
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François Fillon a reconnu qu'il était "difficile de faire des listes, parce qu'on doit refuser des places à des hommes et des femmes qui ont de bonnes raisons de vouloir y figurer".
Mais "nous sommes rassemblés avant le premier tour", et "chez nous, il n'y aura pas entre les deux tours des marchandages", a-t-il insisté.
"C'est le prix à payer pour l'union!", a renchéri Jean-Claude Gaudin, co-pilote avec M. Fillon du "comité" de la majorité. "Mais, a-t-il dit, au second tour, nos listes seront les mêmes
qu'au premier".
"La gauche, elle, part en ordre dispersé et elle pourra toujours faire l'unité le lundi ou le mardi ..." a ajouté, dubitatif, le sénateur-maire de Marseille.
Un argument que relaie au fil des meetings Valérie Pécresse, tête de liste en Ile-de-France, où la majorité mise sur les bisbilles PS/Verts, alors que le dépôt légal des candidatures du
second tour, et d'éventuelles listes communes, est fixé au mardi 16 mars à 18H00.
"Il va falloir qu'ils (la gauche) recollent tous les morceaux", s'amuse le Nouveau Centre André Santini, qui après avoir menacé de reprendre son autonomie dans le fief de Nicolas
Sarkozy (Hauts-de-Seine), a rafflé à l'UMP Roger Karoutchi la tête de liste départementale.
Autre région test du rassemblement dans le camp adverse, le Languedoc-Roussillon qui semblait a priori perdu pour la droite a été remis en jeu autant par les risques de dispersions à
gauche au 1er tour (PS/Verts/Front de Gauche) que par les divisions internes au PS entre le président sortant Georges Frêche (exclu du parti) et la candidate officielle de la rue de
Solferino Hélène Mandroux.
"Tout ça ne risque pas de me porter préjudice", ironise Raymond Couderc, tête de liste de la majorité dans la région.
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